



Dans le prolongement de la rencontre Aïkido-
Dharma qui a eu lieu à Karma-Ling, la mairie de
Lyon m'a invité à participer et intervenir à l'occasion
des rencontres “Dialogues en humanité”
qu'elle a mises en place depuis 2002.
Elles peuvent se résumer ainsi :
“À travers le dialogue et la confrontation entre
les expériences, les cultures, les traditions, les
disciplines (sciences, arts, spiritualité, politique,
monde de l'entreprise), nous pouvons tous
ensemble tenter de mieux comprendre ce qui
fait l'humain et essayer ensemble de grandir en
humanité. L'homme est au coeur de ce projet qui
nous impose de réengager une réflexion de fond
sur l'humanité et l'humanisme et de créer les
conditions d'un changement de regard et de
posture, y compris par rapport à l'idée que l'autre
est une menace.”
Le groupe de discussion dont je faisais partie
autour de la question “Pourquoi sommes nous
violents ?” regroupait cinq témoins : Bernard
Bolze (coordinateur de la campagne nationale
pour le numerus clausus en prison), Richard
Pétris (Fondateur de l'école de la Paix de
Grenoble), l'américain Osagnefo Uhuru Sekou
(Coordinateur de la coalition inter-religieuse
contre la guerre en Irak), le brésilien Chico
Witaker (co-fondateur du Forum Social Mondial)
et moi-même (maître d'Aïkiryu).
Ce qui est apparu au cours des échanges, c'est
l'urgence de l'action extérieure et la difficulté de
se rendre compte de l'évidence de l'urgence de
l'action intérieure, tout le monde étant très pris
par les problèmes qui nous entourent.
Il en est quand même sorti une chose que nous,
pratiquants d'Aïkiryu, connaissons bien : c'est
l'importance de notre attitude et les changements
qu'elle peut produire sur les autres et sur
les situations sachant que toute action dite
externe nous modifie.
Mon intervention a été l'occasion pour moi de
me rendre compte que nous ne sommes pas seuls à nous poser la question de la paix, de l'amour,
de l'engagement dans la vie et cela quelque soit
la forme, la race, le pays et la compréhension
que l'on a de la démarche des autres ; la recherche
est la même Paix, Justice, Amour.
L'Aïkiryu a sa place dans ce monde en tant que
moyen dont nous sommes les témoins et messagers
vivants.
Nous avons l'outil, rendons le vivant en nous qu'il
puisse être transmis et qu'il éclaire notre chemin.
Notre pratique nous conduit à une attitude
droite, stable, intégrative face aux difficultés,
face à l'inconnu. Nous ne pouvons pas arrêter le
changement de la vie, simplement nous pouvons
y être présent, actif et créatif.
Nous pouvons ouvrir notre regard au-delà des
jugements sur le monde et nous rendre compte
que nous le façonnons, le créons, y sommes un
point central et que notre univers est ce que
nous sommes.
Nous vivons dans le temple de la déduction mais
si vous appliquez, à partir de votre pratique, le
principe analogique, de nouveaux espaces s'ouvriront.
Tout fonctionne de la même manière,
rien n'est différent et c'est notre capacité à intégrer, à nous transformer, à nous ouvrir qui est la
différence car nous agissons sur l'Espace-Temps. L'Aïkiryu n'est pas un art différent des autres, sa
capacité à exister, notre capacité à le rendre
vivant est le pas que chacun fait quand il va en
avant et pose sa foi dans ce pas qui le rend libre
et uni à lui-même.
Il ne s'agit pas de dire que l'on détient la vérité
mais que notre pratique par le développement
de la conscience de l'instant conduit à la pacification
et à l'ouverture.
La vie est rencontre.
Ces différentes interventions marquent une évolution
dans l'ouverture de l'école vers l'extérieur
et surtout mettent en évidence que nous pouvons
chacun être actif quant à notre développement
personnel, celui de l'école, celui de l'Aïki,
sans limite de cadre.
Abelé Shihan
hiver 2006
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